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AXE 2 - La macroéconomie ouverte et la coopération internationale

2.3 - Le commerce et la mondialisation

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La mondialisation peut d'abord être analysée comme une meilleure intégration commerciale par l'abaissement des coûts de transaction. Il convient alors d'en évaluer les conséquences pour les économies en développement. La mondialisation signifie ensuite un renforcement des flux migratoires dont les conséquences déstabilisatrices pour les pays de départ et d'arrivée ne sont plus à démontrer. Enfin, la mondialisation est synonyme d'une gestion mondialisée des grandes entreprises à travers les flux d'investissements directs étrangers. Cette intégration accrue des marchés pose la question de la gouvernance mondiale. Celle-ci peut être abordée à travers la problématique des biens publics globaux (Kindleberger, 1986), mais également de l'efficacité de l'aide.

2.3.1 - Intégration commerciale

L'augmentation du nombre d'accords de commerce préférentiel est l'un des développements majeurs de l'évolution récente des relations internationales. Il y a donc un intérêt grandissant pour la compréhension des effets de ces accords sur le développement des pays concernés. D'un point de vue analytique, deux types d'accords sont à distinguer : les accords sud/sud entre pays en développement souvent voisins et les accords nord/sud. Concernant les premiers accords, on se demande d'abord s'ils ont permis des gains de croissance significatifs. Pour répondre à cette question, on utilise la méthodologie des modèles de gravité dérivée de celle de Frankel et Rose (2002). On s'interroge ensuite sur l'impact de ces accords en termes de disparités entre les pays. La référence est alors celle des modèles "cœur–périphérie" de l'économie géographique. Enfin, on évalue les conséquences des accords sud/sud sur les inégalités à l'intérieur des différents pays signataires.

S'agissant des accords nord/sud , une première question est celle de l'accès effectif des pays du sud aux marchés qui leur sont offerts (Imbs et Wacziag, 2003). Les travaux portent alors sur la définition des règles d'origine. Une autre question essentielle est l'importance de la situation géographique des pays et de leur infrastructure de transport. En effet, des études récentes ont révélé que les coûts de transport et de transaction deviennent la barrière la plus importante au commerce des pays en développement. La réponse à cette question mobilisera une modélisation en équilibre général calculable (Freund, 2000).

2.3.2 - Migrations internationales

Les travaux peuvent porter d'abord sur les causes des migrations et par conséquent sur les stratégies permettant d'en réduire l'ampleur. Les chercheurs s'intéressent ensuite aux conséquences macroéconomiques des flux migratoires pour les pays de départ et en particulier sur l'investissement en capital humain (Stark, 2005). Enfin, le CERDI cherche à élaborer un indicateur mesurant le degré d'ouverture aux flux migratoires dans l'esprit de travaux plus anciens (indicateurs révélés).

2.3.3 - Financement du développement

En présence d'équilibres multiples les changements à faible ampleur peuvent ne pas être suffisants pour sortir de la trappe à pauvreté. En général, la principale conclusion est de favoriser les changements majeurs permettant de sortir de la trappe à pauvreté. L'instrument privilégié est alors l'aide extérieure (Sachs et alii, 2004). Cependant, cette théorie du "big push "suppose que l'aide est efficace. Or, cette hypothèse a été critiquée (capacité d'absorption limitée, inefficacité de l'aide en présence de mauvaise politique, cf. Burnside et Dollar, 2000 ; Easterly, 2006), mais ces critiques font elles-mêmes l'objet d'un ample débat (cf. Guillaumont et Guillaumont Jeanneney, 2006).

Le CERDI continue à travailler sur les questions d'efficacité de l'aide, notamment en relation avec la vulnérabilité des pays. Plusieurs thèmes sont développés qui s'inscrivent dans le débat actuel et devraient permettre d'aller au-delà des résultats déjà obtenus par les recherches du CERDI :

  • la conditionnalité de l'aide et la définition d'une "nouvelle politique de l'aide". Il s'agit d'une question dont les implications de politique économique sont très importantes. Faut-il privilégier une conditionnalité d'instruments ou de résultats (ou de performances) ?
  • la sélectivité de l'aide. L'aide doit-elle être distribuée en fonction des besoins des pays, de la qualité des politiques économiques, des handicaps historiques et naturels ?
  • l'adaptation de l'aide aux chocs extérieurs (lissage des revenus) : quels sont les moyens d'y parvenir de façon efficace ?
  • la contribution de l'aide à la réduction de la pauvreté : passe-t-elle seulement par la croissance ?
Bibliographie
  • Burnside C. et D. Dollar, 2000, "Aid, Policies, and Growth", The American Economic Review, 90.
  • Easterly W., 2006, The White Man's Burden. Why the West's Efforts to Aid the Rest Have Done so Much Ill and so Little Good, The Penguin Press, New York.
  • Frankel J.A. et A.K. Rose, 2002, "An Estimate of the Effect of Currency Unions on Trade and Growth", Quarterly Journal of Economics, 469.
  • Freund C., 2000, "Different Paths to Free Trade: The Gains from Regionalism", Quarterly Journal of Economics, 115.
  • Guillaumont P. et S. Guillaumont Jeanneney, 2006, "Big Push Versus Absorptive Capacity: How to Reconcile the Two Approaches", WIDER Conference on "Aid: Principles, Policies and Performance", Helsinki, June.
  • Kanbur R. et L. Squire, 2002, "L'évolution de notre manière d'envisager la pauvreté : analyse des interactions" in Meier G.M. et J. E. Stiglitz, Aux Frontières de l'économie du développement, Banque Mondiale.
  • Kindleberger CP., 1986, "International public goods without international government",The American Political Review, 76(1)
  • Imbs J. and Wacziag R., 2003, “Stage of Diversification”, The American Economic Review, 93(2).
  • Sachs J. et alii, 2004, "Ending Africa's Poverty Trap", Brookings Papers on Economic Activity, 1.
  • Stark O., 2005, "The New Economics of the Brain Drain", World Economics, 6.

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