Les locaux 
En avril 1991, le CERDI s’est implanté dans les locaux de l’immeuble Gergovia aux 63 et 65, boulevard François Mitterrand. La surface initiale a été acquise pour 30 % par le CNRS et pour le reste, par l’Université d’Auvergne et divers Ministères et collectivités territoriales. Lors de la rentrée 1995, cette surface, occupée à la fois par les activités d’enseignement et de recherche, a été portée à 2000 m². Cette extension a été permise grâce à un financement conjoint de la Région Auvergne et de la DATAR, du Département du Puy de Dôme, de la ville de Clermont-Ferrand et de l’Université d’Auvergne. La surface occupée par le laboratoire est destinée aux activités d’enseignement et de recherche. L’augmentation du nombre d’étudiants sur le site, en relation avec l’ouverture de plusieurs spécialités du master professionnel, et du nombre de chercheurs ou d’enseignants chercheurs, à la faveur des recrutements, a eu pour conséquence de créer une forte pression sur l’espace disponible. La volonté de poursuivre cette dynamique oblige le CERDI à penser son extension, si possible dans les locaux qui l’abritent actuellement.
Formation et recherche 
Le CERDI réalise, sur son site propre, un ensemble d’activités de formation initiale à différents niveaux. Cette formation est dispensée dans le cadre d’un magistère de développement économique qui fonctionne sur la base d’une sélection amenant sur le site clermontois des étudiants de divers horizons. Le master recherche en "économie du développement" et la spécialité "analyse de projets" de notre master professionnel correspondent à la troisième année de notre magistère. Le master professionnel comporte toutefois 5 autres spécialités avec un affichage de développement international systématique : économie de la santé, développement durable, l’expertise économique, économie de la Chine, gestion de politique économique. Une nouvelle spécialité, habilitée récemment, sera prochainement affichée. Elle impliquera une association étroite avec un partenaire extérieur, en l’occurrence l’Agence Française de Développement, pour la mise en œuvre du diplôme intitulé : "Maîtrise d’ouvrages publics et privés".
Le doctorat parachève la carte des formations initiales. Il illustre le lien entre l’enseignement universitaire et la recherche. Le CERDI est très impliqué dans le fonctionnement de l’Ecole doctorale 245. Il représente environ la moitié des thèses en préparation et un pourcentage plus élevé des thèses soutenues. D’une manière générale, on peut dire que l’unité cultive l’ambition de combiner la recherche avec la formation initiale, ce qui lui a jusqu’ici permis d’étoffer son potentiel humain et de promouvoir une recherche partagée entre les personnels relevant de chacune des deux tutelles.
Au 1er octobre 2006, le nombre de thèses en préparation au CERDI s’élevait à 83. Elles se répartissaient sur 19 directeurs, 15 membres permanents chercheurs ou enseignants-chercheurs de l’unité. Sur ces 83 doctorants, 38 étaient financés. Les allocations du Ministère de l’Education et de l’Enseignement Supérieur ainsi que du Ministère des Affaires Etrangères constituaient la source principale. A ces vecteurs traditionnels de financement s’ajoutaient des bourses de l’ingénieur du CNRS, fléchées ou non pour les pays en développement (BDI), quelques bourses financées soit par la FERDI (Bourse La Fayette), soit par la Région Auvergne dans le cadre du Programme Teilhard de Chardin sur la recherche appliquée à la Chine. Il convient enfin de mentionner les contrats d'Assistant Temporaire d'Enseignement et de Recherche.
Le nombre des préparations de thèses a beaucoup augmenté par rapport au précédent contrat quadriennal. Ces demandes correspondent à la limite supérieure de la capacité d’encadrement par les habilités à diriger la recherche. Il est à noter que le nombre de ces habilités est appelé à progresser prochainement. Le nombre de doctorants inscrits devrait se stabiliser sur la période du nouveau contrat. Indépendamment des difficultés à trouver les appariements avec les directeurs de thèses, la difficulté existe maintenant au niveau de l’accueil sur le site propre. Le CERDI atteint la saturation dans l’utilisation de ses surfaces. Le temps de maturation des thèses varie selon qu’elles sont financées ou pas. Dans le premier cas, le document est produit dans des délais de l’ordre de 3 à 4 ans. Dans le second cas, la période de réalisation excède rarement 6 ans.
La qualité de la formation dispensée et la reconnaissance du laboratoire dans les sphères académiques et professionnelles du développement international permettent une bonne insertion des diplômés. Pour ce qui est des docteurs, le CERDI assure depuis plusieurs années un suivi qui lui permet de revendiquer un taux d’emploi stable de 100% avec un cursus assurant une mobilisation des compétences acquises en cours de formation. Les emplois se situent d’abord dans le champ des Universités et des Etablissements Publics Scientifiques et Techniques, notamment l’Institut de Recherche sur le Développement (IRD) et le CNRS. Les placements dans les universités étrangères ont été également nombreux, en particulier au Canada (Montréal, Sherbrooke, Ottawa). Les doctorants accèdent aussi à des emplois de l’administration française, notamment au niveau des ministères et de l’Agence Française de Développement (AFD). Par ailleurs, depuis quelques années, le CERDI est devenu un pourvoyeur régulier des organismes internationaux d’appui au développement, ceux dont il a été longtemps considéré qu’ils n’offraient de débouchés qu’aux seuls diplômés des grandes universités anglo-saxonnes. Sur chacune des années du quadriennal, le CERDI a placé au moins un docteur dans les cohortes étroites de recrutements très sélectifs de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire International (FMI).
La démarche scientifique 
Le champ d’application
La recherche au CERDI est entièrement dédiée à l’étude des processus de développement international. Les économies de référence, à revenu faible ou intermédiaire, fonctionnent selon les principes généraux de l’économie de marché ou tendent vers cette situation à la faveur de la transition. Depuis la création du laboratoire, cette thématique a été constamment porteuse, largement renouvelée en raison de la diversité des situations afférentes aux pays du champ d’étude. Elle a permis au laboratoire de parvenir à un niveau de visibilité reconnu à la fois des sphères académiques de la recherche et de la formation, des institutions nationales et internationales en charge de l’aide au développement. L’économie du développement embrasse tous les questionnements sous-jacents à la science économique moderne. Le CERDI est donc un laboratoire "généraliste", mais avec un souci d’application à des terrains correspondant à ceux des pays en développement.
Jusqu’au milieu des années 90, l’Afrique sub-saharienne constituait le principal domaine d’analyse avec un intérêt particulier porté à l’Afrique francophone. En 1995, face à la dynamique de la transition de la Chine vers l’économie de marché et des problèmes inhérents à ce processus, un département interne au CERDI a été créé pour approfondir les connaissances sur cette économie en passe de devenir un des pays leaders : l’Institut de Recherche sur l’Economie de la Chine (IDREC). Ce département n’a pas de budget propre, mais bénéficie de ressources affectées, en particulier, celles du Conseil régional d’Auvergne et du Ministère des Affaires Etrangères au titre du programme Teilhard de Chardin. La constitution d'un tel département, unique dans le paysage universitaire français, a été décidée en raison de notre volonté collective d’afficher, dans la communauté internationale, un engagement durable sur ce pays « continent ». Plus récemment, des initiatives ont également amené le laboratoire à inscrire le Maghreb et l’Amérique latine, notamment le Brésil, dans ses domaines géographiques d’analyse.
Le domaine d’application des recherches n’est exclusif d’aucune région du monde. L’essentiel est donc de comprendre la dynamique des économies à faible revenu ou à revenu intermédiaire qui aspirent à rejoindre le niveau de vie des pays industrialisés. La concentration géographique de nos recherches doit être vue comme une facilité d’analyse. Elle s’explique avant tout par la difficulté de tout connaître en tous lieux à partir d’un effectif de taille encore limitée. Le domaine géographique d’application de nos recherches est par ailleurs secondaire et ne saurait constituer en soi un élément d’affichage thématique de nos axes. En d’autres termes, la question économique prime largement le terrain d’application. Le CERDI est un laboratoire ouvert à toutes les questions économiques, qu’elles soient de caractère microéconomique ou macroéconomique, mais entend appliquer ses raisonnements à des pays engagés, avec plus ou moins de difficultés, dans des processus internationaux de rattrapage.
Les méthodes
Les finalités de recherche laissent le laboratoire réceptif à toute approche méthodologique sous-tendue par une démarche de caractère scientifique. La tradition est cependant de modéliser les questions économiques sous une forme qui se prête ensuite à des tests de réfutation statistique. Cette orientation hypothético-déductive s’est amplifiée ces dernières années avec une utilisation intensive des techniques économétriques les plus récentes. Les chercheurs et enseignants chercheurs ont en effet recours aux meilleures pratiques d’estimation sur données longitudinales et transversales, mais également aux estimations empiriques sur données de panel qui permettent d’augmenter l’information disponible pour les procédures de tests.
Avec le développement du travail d’enquêtes et des capacités de calcul disponibles, de gros fichiers de données microéconomiques peuvent désormais être traités sur le site. Parallèlement, l’économétrie sur les variables qualitatives s’est beaucoup développée. Certaines de ces variables ont en effet un caractère tronqué ou censuré, définies de manière discrète ou non continue sur des intervalles de définition conventionnels. Ces orientations de la microéconométrie ont des retombées sensibles sur l’ensemble de notre analyse économique appliquée. Le rôle des institutions dans les modèles de croissance en situe clairement la portée potentielle, la variable pouvant être considérée comme endogène et discrète, mais se trouve souvent être d’une influence tout aussi déterminante que les facteurs primaires de production.
Les collaborations extérieures
Le nombre et l’intensité des collaborations extérieures ont progressé sur chacune des thématiques du rapport scientifique. Ces collaborations ont traditionnellement trouvé leur expression dans des relations personnelles, mais le CERDI a également travaillé à ce qu’elles soient davantage tournées vers l’institutionnalisation. Au cours du contrat quadriennal, cette dimension a été explorée davantage que par le passé, notamment avec le CSAE de l’Université d’Oxford, les Universités d’Amsterdam ou de Californie (Berkeley). Les collaborations se sont également intensifiées avec plusieurs des différentes sphères académiques des champs géographiques d’intervention. Le CERDI est notamment en relation avec quelques-unes des meilleures universités de Chine, notamment les Universités de Pékin et Wuhan. La capacité à maintenir et développer des démarches de coopération de haut niveau avec des organisations de bonne visibilité internationale déterminera, à terme, la possibilité de progresser dans l’obtention de ressources internationales complémentaires des dotations de base du laboratoire.
A travers ses activités de formation initiale, le CERDI entretient, depuis de nombreuses années, des échanges à la fois suivis et de grande qualité avec le monde académique européen. Des professeurs des Universités d’Oxford, notamment C. Adam, P. Collier et M. Fafchamp, séjournent régulièrement pour des missions d’enseignement et de recherche. C’est également le cas de I. Gunning de l’Université d’Amsterdam ou encore de J. de Melo, Université de Genève et O. Cadot, Université de Lausanne. Il en va de même de E. Sadoulet et A. de Janvry, Université de Californie à Berkeley. Plusieurs de ces enseignants-chercheurs de réputation internationale ont la qualité de Professeurs associés en raison de leur implication forte dans la vie scientifique du CERDI, de leur participation aux activités d’encadrement doctoral et d’évaluation de la recherche en interne.
Le fonctionnement interne 
Le laboratoire et son administration
La taille moyenne de l’unité permet une gestion largement participative. Dans sa composition, le Conseil de laboratoire est constitué pour partie de membres élus et pour partie de membres nommés. Il importe de souligner que cette instance consultative est toutefois accessible à tous, avec une voie délibérative réservée aux seuls personnels ayant la qualité de membre, dans le respect de la composition réglementaire du Conseil. La tenue des réunions du conseil de laboratoire prend la forme d’une assemblée générale. Ces réunions ont lieu autant que de besoin, en moyenne, de trois à quatre fois par an. Le procès verbal de séance est établi pour chaque conseil, puis diffusé à l’intérieur du laboratoire par l’intranet.
L’activité de séminaires internes
La mise en place d’un fonctionnement en équipes autour d'axes thématiques est une initiative relativement récente. Le travail sur les cinq affichages repris dans la partie bilan de ce rapport a eu des avantages, notamment en matière de coordination. L’éclatement que pouvait impliquer cette structuration a été atténué par l’organisation de plusieurs types de séminaires réunissant les membres du laboratoire, les doctorants et post-doctorants de l’unité. Dans le prochain quadriennal, la mobilisation du potentiel humain se fera beaucoup plus autour des trois axes que développe, plus loin, la "Déclaration de politique scientifique". L’articulation organisationnelle devrait s’en trouver mieux définie avec une masse critique de chercheurs permanents concourant à une meilleure promotion de la notion d’équipe. Le CERDI poursuivra cependant sa logique de fonctionnement autour de séminaires "pléniers".
Les séminaires institutionnels sont de trois types :
- Il y a d’abord les séminaires de recherche qui s’inscrivent dans le cadre de la formation initiale des étudiants de troisième cycle au niveau du master recherche et du doctorat. Ces séminaires sont organisés de manière hebdomadaire, entre octobre et juin. Leur objectif est d’éveiller la démarche scientifique en amenant les étudiants à discuter des publications internationales récentes. Les textes en question sont choisis de manière à assurer un certain équilibre à l’intérieur du laboratoire entre les différents axes thématiques qui structurent sa recherche. Ce séminaire bénéficie régulièrement de la venue des professeurs invités ou associés (cf., liste des séminaires sur 2003-2005).
- Il y a ensuite, organisés à la demande, par quinzaine ou par mois, les séminaires d’analyse critique sur la recherche produite en interne. Ces présentations critiques ont pour objet de faciliter l’insertion des documents présentés dans la série : Etudes et Documents, en ligne sur le site Web du CERDI, et de favoriser le débouché de la production dans les revues à comité de lecture.
- Il y a enfin le séminaire des doctorants, dédié à la discussion et à l’analyse critique des travaux de thèse. Une fois par mois, des doctorants procèdent à une présentation de leur travail et s’exposent ainsi à l’évaluation en présence de leur directeur de thèse. Une telle présentation est une condition sine qua non pour la soutenance. Elle équivaut à une véritable pré-soutenance comparable à celle que l’on peut connaître dans certains pays du nord de l’Europe, mais ne porte que sur une partie de la thèse, souvent en relation avec l’écriture et la soumission d’un article de base. Ce séminaire de doctorants s’inscrit dans le cadre de l’école doctorale pluridisciplinaire à laquelle est affilié le CERDI. Il est aussi complémentaire des journées de l’école doctorale qui se tiennent annuellement avec les économistes du développement et de la transition de l’université Paris1. Cette activité est reconduite avec efficacité depuis plusieurs années.
production scientifique de l'unité 
De septembre 2002 à septembre 2006, la production scientifique du CERDI a été abondante. Elle s’est inscrite dans une progression significative et continue de la qualité des supports où elle a trouvé place. Sur la période quadriennale précitée, 115 articles ont été publiés dans des revues à comité de lecture, dont 73 dans les revues "étoilées" du Comité national de la section 37 du CNRS sous plusieurs des thématiques répertoriées dont : "Revues généralistes", "Développement et transition". La production de connaissances s’est répartie sur tous les permanents du laboratoire. Le pourcentage de "publiants" est de l’ordre de 80 % si l’on définit cette qualité par une production d’au moins trois articles sur le quadriennal dans des revues à comité de lecture.
La qualité des revues généralistes sollicitées avec succès s’est traduite par des publications dans : American Economic Review, European Economic Review, Recherches économiques de Louvain, Applied Economics, Oxford Bulletin of Economics and Statistics. Parallèlement, les grandes revues du champ thématique ont également accueilli la recherche du laboratoire, notamment les plus prestigieuses d’entre elles : Journal of Development Economics, World Development, Economic Development and Cultural Change, World Bank Economic Review, Journal of African Economies, Journal of Development Studies, Review of Development Economics, Social Science and Medicine… sans oublier la Revue d'Economie du Développement.
En proportion des articles passés dans des revues à comité de lecture, le CERDI publie désormais davantage en anglais qu’en français. La montée de la production dans ce support linguistique a correspondu à l’effort d’élévation de la qualité des travaux menés. Les chercheurs demeurent cependant présents dans les revues de langue française, notamment la Revue économique, mais aussi Economie et prévision où P. Plane prépare la coordination d’un numéro spécial dédié à l’"économie du développement et de la transition" qui fera suite aux Journées de l’Association française de science économique (AFSE) de mai 2005.
A la production scientifique dans des revues académiques à comité de lecture, c’est-à-dire avec processus d’évaluation anonyme, s’est ajoutée une activité de publication d’une part, dans des revues de large diffusion, mais sans comité de lecture, et d’autre part, de publication individuelle et collective, voire de direction d’ouvrages chez des éditeurs spécialisés (E. Elgar, De Boeck, Economica, Bréal, Hachette, Karthala…).
Le CERDI est largement impliqué dans l’animation extérieure de différentes sphères de recherche à la fois disciplinaires et inter-disciplinaires. Plusieurs de ses membres sont partie prenante de l’organisation et de la vie de réseaux scientifiques de portée nationale ou internationale. Sylviane Guillaumont participe, par exemple, aux réflexions du Conseil d’Analyse Economique. Certains membres se sont par ailleurs engagés dans des activités d’administration à forte visibilité. C’est ainsi que Philippe Dulbecco est devenu, en fin d’année 2005, vice-Président pour la recherche à l’Université d’Auvergne, que Jean-Louis Arcand a été nommé au Conseil scientifique de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et que Jean-Pierre Foirry est responsable de l’évaluation des politiques publiques à la Préfecture de Région Auvergne, activité qui le retient pour la moitié de son temps qu’il consacrait jusqu’ici à la recherche.


